Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre 2023, le Maroc a été frappé par un puissant séisme d’une magnitude de 6,9, entraînant un lourd bilan de pertes humaines et de destructions matérielles. Cet article se penche sur les événements qui se sont déroulés, les répercussions sur le secteur du tourisme, ainsi que l’appel à la solidarité qui suit cette catastrophe.

Les faits, les dégâts : un pays en deuil

Bien que le séisme ait été ressenti dans pratiquement tout le pays, jusqu’à Rabat, son impact a été bien plus sévère dans certaines zones. La plupart des régions du pays, notamment le nord et le désert, ont été peu affectées. Le séisme a principalement touché les montagnes du Haut Atlas, affectant davantage les villages situés dans cette région. Voici une illustration des zones touchées : 

Zone Rouge : Cette zone est l’épicentre du séisme, là où les dégâts ont été les plus graves. Au lendemain du séisme, l’urgence a été de se mobiliser pour sauver des vies et fournir des abris et de la nourriture aux habitants des villages de cette zone qui ont survécu au drame.

Zone Rouge Clair : C’est la deuxième zone la plus touchée, comprenant notamment la province de Taroudant, où des dégâts matériels et humains ont été signalés.

Zone Jaune : Le séisme a été ressenti fortement jusqu’à cette zone, mais il a causé moins de dégâts humains et matériels que les deux autres zones.

Dans ces zones, notamment près de l’épicentre du séisme, se trouvent les villages isolés, constitués dans beaucoup de cas, de structures en terre et en pierre. Ils ont été sévèrement touchés en raison de la fragilité des constructions. Les dégâts ne sont pas dus à la fragilité du sol marocain, qui demeure robuste, mais plutôt à l’ancienneté et à la vétusté des constructions. Cette zone de l’épicentre abrite de nombreux petits villages, souvent accessibles uniquement par des routes étroites ou des sentiers, voire même uniquement à pied. En conséquence, ces villages sont généralement isolés, ce qui a compliqué la mobilisation des secours en cas de catastrophe.

Au lendemain du séisme, la communication avec les villages éloignés était limitée. Les premiers secours ont été acheminés vers les villages accessibles en premier. Des aides locales ont été mobilisées pour fournir de la nourriture et de l’eau, tandis que les autorités se sont concentrées sur les soins médicaux.

Dès le dimanche qui a suivi le séisme, soit seulement deux jours après la catastrophe, la vie a commencé à retrouver une certaine normalité tandis que les efforts pour sauver des vies se sont renforcés. Des équipes de secours et des résidents locaux se sont mobilisés pour apporter leur aide aux villages les plus durement touchés. D’un côté, les équipes de secours ont poursuivi leurs efforts pour rechercher des survivants sous les décombres, tout en retrouvant malheureusement les corps des victimes.

De l’autre côté, les habitants, soutenus par diverses associations locales et grâce à l’aide internationale, se sont mobilisés pour apporter leur aide aux habitants des villages les plus durement touchés. Ils ont agi avec une grande urgence et ont notamment apporté et distribué des vivres tels que de la nourriture, des tentes et des couvertures aux habitants des villages de montagne qui ont tout perdu.

L’État marocain a également promis des aides directes visant à permettre à chaque famille de reconstruire leur lieu de vie.

L’impact du séisme sur le tourisme

Concernant le tourisme, les aéroports ont continué de fonctionner normalement et la majorité des hébergements touristiques du Maroc sont restés ouverts. Les peu d’établissements ayant fermés l’ont fait principalement pour des expertises de sécurité. 

La ville de Marrakech a suscité une attention médiatique particulière, mais il est important de noter que la majeure partie de sa médina a été préservée des dommages. Les éléments les plus gravement touchés incluent le minaret de la mosquée Kharbouch, situé sur la place Jemaa el-Fna, qui a été presque entièrement détruit et déjà en reconstruction. Le minaret de la Koutoubia a présenté quelques fissures, et plusieurs maisons de l’ancien quartier juif du Mellah se sont effondrées. De plus, certains segments des remparts de la vieille ville ont été endommagés.

Concernant les sites touristiques, des lieux tels que les tombeaux saadiens, les palais Bahia et le musée de Dar Si Said ont été temporairement fermés pour permettre l’intervention d’experts en patrimoine et l’évaluation de l’état des lieux. Mis à part ces quelques lieux touristiques, la vie à Marrakech à rapidement repris son cours normal, tout est resté ouvert comme dans le reste du pays. Les marchands ayant fermé l’ont fait notamment pour partir en aide aux villageois. 

Concernant le reste du pays, pratiquement toutes les villes et les sites touristiques ont été épargnés. Cependant, certains sites ont été touchés. Dans la province de Ouarzazate, le Ksar Aït Ben Haddou, qui bénéficie du statut de site du patrimoine mondial de L’UNESCO depuis 1987, a malheureusement subi des dommages, avec plusieurs de ses bâtiments présentant des fissures. Le grenier collectif qui surplombe le village a été touché. Dans la province d’Al Haouz, la mosquée de Tinmel, un site historique d’une grande importance pour le Maroc et inscrit sur la liste indicative nationale du patrimoine mondial, a malheureusement été presque complètement détruite.

En ce qui concerne les circuits touristiques, le seul itinéraire qui a été endommagé est celui menant au Toubkal, où une section a été gravement affectée par des effondrements. Néanmoins, les autorités ont rapidement entrepris des travaux pour rétablir la praticabilité de cette route dans les meilleurs délais.

Les marocains considèrent le tourisme comme une source essentielle de revenus, et sa perte serait une douleur additionnelle à leur peines déjà immense dû au séisme.

En ces temps de résilience, les habitants et les acteurs du secteur touristique au Maroc appellent les voyageurs à maintenir leurs plans de voyage. Le tourisme constitue une ressource économique vitale pour le pays, revêtant un rôle essentiel dans la création d’emplois, en complément des secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de la pêche. Il est également important de prendre en compte que le séisme s’est produit au début de la haute saison touristique. Afin de ne pas accroître les perturbations qui touchent déjà le pays, les marocains souhaitent plus que tout que leur pays continue d’attirer des visiteurs.

L’appel à la solidarité et à l’entraide

Le peuple marocain a fait preuve d’une solidarité remarquable suite à cette tragédie. Les habitants des villes se sont rendus dans les villages touchés pour apporter leur aide, et de nombreux marocains ont donné leur sang pour aider les blessés.

La gestion de cette situation d’urgence s’est faite en partie grâce à l’initiative populaire, démontrant la capacité du peuple à agir pour aider les autres en temps de crise.

L’aide internationale a également apporté un fort soutien, notamment dans les sauvetages réalisés après les événements. 

Les associations nationales et également internationales se sont fortement et massivement mobilisées. Grâce à leur organisation, l’aide a pu arriver dans de nombreux villages souvent très isolés. 

Les besoins restent importants et sur le moyen terme. Ainsi, si vous prévoyez de faire un voyage au Maroc ou bien avez la volonté de contribuer à votre échelle pour aider le pays, n’hésitez pas à nous contacter et nous vous informerons des besoins à jour.

Le séisme au Maroc en septembre 2023 a été une tragédie éprouvante, mais il a également montré la résilience et la solidarité du peuple marocain. Les dégâts matériels ont été limités dans les circuits touristiques, et le pays s’efforce de se relever rapidement. Le Maroc reste une destination accueillante et attrayante pour les voyageurs du monde entier, prêt à partager sa richesse culturelle et son hospitalité malgré les épreuves.